Coupe du monde 2026 : exploits, surprises, désillusions et enseignements pour l'Afrique

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- Author, Rob Stevens
- Role, BBC Sport Africa
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- Temps de lecture: 11 min
L'Afrique n'avait jamais été aussi bien représentée en Coupe du monde. Avec dix équipes engagées à l'édition 2026, le continent espérait franchir un nouveau cap. Si plusieurs sélections ont marqué les esprits, quel bilan peut-on réellement dresser de cette participation historique ?
Après avoir vu neuf de ses représentants se qualifier pour la phase à élimination directe, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, s'est félicité d'une campagne qui, selon lui, a rendu fiers les 1,6 milliard d'Africains.
Pourtant, le constat est plus nuancé. Seul le Maroc est parvenu à atteindre les quarts de finale. Cinq équipes africaines ont été éliminées après avoir concédé des buts en fin de match, souvent dans des circonstances cruelles.
Le Sénégal et l'Égypte, notamment, ont laissé filer une avance de deux buts avant de s'incliner.
Cette Coupe du monde a toutefois été marquée par plusieurs premières.
L'Égypte et la RD Congo ont remporté leur premier match dans la compétition, tandis que le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire et l'Afrique du Sud ont franchi la phase de groupes pour la première fois de leur histoire.
A quatre ans du retour de la Coupe du monde sur le continent africain, avec le Maroc comme coorganisateur aux côtés de l'Espagne et du Portugal en 2030, quelles leçons les sélections africaines peuvent-elles tirer de cette première édition à 48 équipes ?
Les outsiders conquièrent les cœurs

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S'il ne fallait retenir qu'une seule révélation de cette Coupe du monde 2026, ce serait sans doute le Cap-Vert. Pour sa toute première participation, l'archipel a créé la surprise en atteignant les huitièmes de finale après avoir tenu en échec l'Espagne, l'Uruguay et l'Arabie saoudite en phase de groupes.
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Les Requins Bleus sont ensuite passés tout près d'un des plus grands exploits de l'histoire du tournoi. Opposés aux champions du monde en titre, l'Argentine, ils sont revenus deux fois au score avant de s'incliner 3-2 après prolongation, au terme d'un match qui a marqué les esprits.
Dans les buts, Vozinha a été l'une des sensations de la compétition. Multipliant les arrêts décisifs, le gardien de 40 ans est devenu un phénomène sur les réseaux sociaux, son compte Instagram passant d'environ 50 000 abonnés à plus de 29 millions pendant le tournoi. Cette notoriété fulgurante lui a même valu de voir une nouvelle espèce de limace de mer baptisée en son honneur.
Le potentiel du Cap-Vert ne date toutefois pas de cette Coupe du monde. Déjà remarqués lors des dernières éditions de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), les Requins bleus ont confirmé leur progression sur la scène internationale.
« Nous nous sommes fait connaître », a confié le défenseur Roberto « Pico » Lopes à BBC Sport. « Nous sommes une petite nation, mais avec de grands cœurs. Nous avons montré que nous étions capables de rivaliser avec les meilleures équipes du monde et que, lorsqu'on y croit, tout devient possible. »
Les lions de l'Atlas affirment leur domination

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Le Maroc a confirmé sa position de meilleure équipe du continent en devenant la première équipe africaine à atteindre deux quarts de finale consécutifs.
Pourtant, les Lions de l'Atlas n'ont pas pu réitérer leur performance des demi-finales de la Coupe du monde 2022 au Qatar, la France, comme il y a quatre ans, ayant de nouveau pris le dessus sur les Nord-Africains.
Depuis que Mohamed Ouahbi a succédé à Walid Regragui, le style de jeu de l'équipe est devenu plus offensif, et le jeune milieu de terrain de 18 ans, Ayoub Bouaddi, s'est particulièrement distingué.
« Nous avons une jeune équipe qui souhaite progresser et qui continuera à le faire. Nous avons des joueurs talentueux qui nous permettront de progresser », a déclaré Ouahbi.
Le fléau des buts en fin de match

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Avant le début du tournoi, l'ancien défenseur ivoirien Emmanuel Eboué avait averti sur BBC que les équipes africaines risquaient de payer un manque de concentration dans les dernières minutes des rencontres.
Ses craintes se sont en partie confirmées. En seizièmes de finale, la RD Congo et la Côte d'Ivoire ont toutes deux encaissé le but de la défaite à la 86e minute, tandis que l'Afrique du Sud a été éliminée par un but du Canada inscrit dans le temps additionnel.
Le scénario a été encore plus cruel pour le Sénégal et l'Égypte. Face à la Belgique, les Lions de la Teranga ont vu leur avance de deux buts s'envoler avant de céder sur un penalty à la 125e minute. Les Pharaons, eux, menaient encore 2-0 contre l'Argentine avant d'être rejoints, puis battus sur une tête d'Enzo Fernández à la 92e minute.
Même en phase de groupes, l'Algérie et la Côte d'Ivoire avaient déjà laissé échapper de précieux résultats en concédant des buts dans le temps additionnel. Dès lors, une question s'impose : les équipes africaines éprouvent-elles des difficultés à gérer les fins de match ?
Pour la psychologue du sport Nikita Rowley, directrice du programme de psychologie du sport et de l'exercice à l'université de Coventry, il serait toutefois excessif d'y voir une faiblesse propre aux sélections africaines.
"Je ne dirais pas qu'il s'agit d'une tendance. Je pense qu'il s'agit simplement d'un manque de réussite", explique-t-elle à BBC Sport Africa.
Selon elle, les erreurs commises dans les dernières minutes sont un phénomène commun à toutes les équipes. "À ce stade d'un match, les joueurs subissent à la fois une fatigue physique et une fatigue cognitive. Cette dernière peut altérer l'attention, la prise de décision et la communication, augmentant ainsi le risque d'erreurs."
La spécialiste souligne également le poids de l'enjeu. "Plus une équipe se rapproche d'un exploit historique, plus la pression psychologique s'intensifie. Les émotions prennent le dessus et chaque action semble décisive."
Une courbe d'apprentissage

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L'élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes a particulièrement profité à l'Afrique. Le continent est passé de cinq représentants à neuf places directes, auxquelles s'est ajoutée la qualification de la RD Congo via les barrages intercontinentaux, portant le total à dix sélections.
À l'exception de la Tunisie, toutes les équipes africaines ont atteint la phase à élimination directe, un résultat qui nourrit l'espoir de voir le continent encore mieux armé lors des prochaines éditions.
Pour Mattar M'Boge, entraîneur gambien et responsable de l'identification des talents à la FIFA, cette expérience collective constitue un atout précieux, même si les sélections africaines restent désavantagées par rapport aux grandes nations du football mondial.
"La réalité, c'est que la majorité des internationaux africains ne disputent pas régulièrement des matches à très fort enjeu", explique-t-il à BBC Sport Africa.
Selon lui, les équipes européennes et sud-américaines bénéficient d'un avantage lié à la fréquence des rencontres de haut niveau. "Elles jouent davantage de matches où chaque résultat compte. La Ligue des nations en Europe en est un bon exemple : avec les promotions et les relégations, il y a toujours quelque chose à jouer."
Mattar M'Boge estime toutefois que l'écart peut se réduire. "À mesure que le football africain continue de se développer et d'accumuler de l'expérience, les équipes seront de plus en plus habituées à gérer la pression collective qu'impliquent les grandes compétitions."
Un tournoi à oublier pour les Aigles de Carthage

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La Tunisie a sans doute été la plus grande déception africaine de cette Coupe du monde. Corrigés 5-1 par la Suède lors de leur entrée en lice dans le groupe F, les Aigles de Carthage ont rapidement limogé leur sélectionneur, Sabri Lamouchi, nommé seulement en janvier.
Pour tenter de relancer l'équipe, la Fédération tunisienne a rappelé Hervé Renard. Mais le technicien français, double vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations, n'a pas réussi à redresser la situation. La Tunisie s'est ensuite inclinée 4-0 face au Japon, puis 3-1 contre les Pays-Bas, quittant la compétition sans le moindre point.
Le Ghana, de son côté, a certes atteint la phase à élimination directe pour la première fois depuis 2010, mais son parcours laisse également des interrogations.
Éliminés par la Colombie en seizièmes de finale, les Black Stars n'ont pas cadré le moindre tir lors de cette rencontre. Plus largement, ils n'ont trouvé le cadre qu'à quatre reprises en quatre matchs, conséquence d'une approche très prudente privilégiée par leur sélectionneur, Carlos Queiroz.
Avec seulement quatre tirs cadrés durant tout le tournoi, le Ghana a affiché l'une des attaques les moins productives de la compétition. Seul l'Irak a tenté moins de tirs que les Black Stars lors de cette Coupe du monde.
Problèmes hors terrain

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Au-delà du spectacle offert sur le terrain, cette Coupe du monde a aussi mis en lumière les difficultés rencontrées par de nombreux Africains pour accéder à la compétition.
Des supporters de la Côte d'Ivoire et du Sénégal se sont vu refuser le visa de visiteur pourtant recommandé par les autorités américaines aux fans étrangers. Les ressortissants d'Algérie, du Cap-Vert et de Tunisie ont, quant à eux, d'abord été invités à verser un dépôt pouvant atteindre 15 000 dollars pour obtenir leur visa, une mesure qui a suscité de vives critiques.
La polémique a également touché le corps arbitral. Considéré comme l'un des meilleurs arbitres africains, le Somalien Omar Artan s'est vu refuser l'entrée aux États-Unis cinq jours avant le début de la compétition, alors qu'il assurait disposer de tous les documents requis. Quelques semaines plus tard, l'UEFA l'a désigné pour officier lors de la Supercoupe d'Europe entre le Paris Saint-Germain et Aston Villa, renforçant les interrogations autour de son exclusion du Mondial.
La FIFA a également été critiquée pour cette affaire, puis pour avoir annulé la suspension d'un match infligée à l'attaquant américain Folarin Balogun. Contrairement à l'UEFA, qui a publiquement exprimé ses réserves sur certains dossiers, la Confédération africaine de football (CAF) est restée discrète.
Fort du succès de cette première Coupe du monde à 48 équipes, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a évoqué la possibilité d'un tournoi à 64 sélections, une évolution qui offrirait davantage de places aux nations africaines.
L'édition 2026 a confirmé les progrès du football africain, avec plusieurs premières historiques et une présence sans précédent en phase à élimination directe. Mais elle a aussi rappelé que, malgré ces avancées, le continent doit encore franchir un cap pour transformer son potentiel en performances durables au plus haut niveau.
Reportage supplémentaire d'Isaiah Akinremi.
Nous avons utilisé l'IA pour aider à traduire cet article, rédigé à l'origine en anglais. Un journaliste de la BBC a vérifié la traduction avant sa publication. En savoir plus sur la manière dont nous utilisons l'IA.

























